Fêtes de fin d'année moroses pour le crédit à la consommation. Les campagnes de Noël de crédit gratuit tournent à vide, 2008 restera comme le pire millésime depuis 1993.
Après avoir connu une croissance ralentie en 2006 et en 2007, le marché français du crédit conso aurait franchement freiné cette année. Selon les chiffres de l'ASF, les établissements spécialisés, qui pèsent 60 % du marché du crédit, auront accordé entre 3 % et 3,5 % de crédits de moins que l'an passé. En novembre, la baisse est même spectaculaire : la production de crédit a chuté de 17,5 %, à 3,2 milliards d'euros.
Et les achats des fêtes n'y changeront rien. « Traditionnellement, le mois de décembre représente un peu moins de 9 % de la production annuelle et il faudrait une progression de 21 % sur le seul mois de décembre 2008 pour arriver à un cumul à 0 % », constate Nicolas Pécourt, responsable des études chez Sofinco. Cette chute n'est pas propre à la France. Dès la fin du premier semestre 2008, plusieurs pays européens connaissaient un ralentissement du même ordre - l'Allemagne (- 0,9 %), l'Autriche (- 2,1 %), les Pays-Bas (- 3,1 %) - ou un ralentissement encore plus prononcé - Espagne, Italie.
Après plusieurs années de forte croissance (+ 11 % en 2007, + 12 % en 2006), les crédits bancaires personnels, entraînés par la baisse de la consommation, connaissent le plus fort recul du secteur avec une chute de 32,2 % en novembre et de plus de 9 % sur un an. Le rachat de crédit, qui a porté la croissance de ces prêts ces dernières années, a souffert de l'enchérissement du coût du crédit. En 2008, il est devenu peu attractif pour les ménages de consolider des prêts accordés il y a quelques années à des taux planchers.
Le marché est aussi durement affecté par la crise du marché automobile. En novembre, les crédits accordés par les constructeurs ont chuté de plus de 25 % pour les voitures neuves et de plus de 22 % pour les voitures d'occasion et les autres véhicules.
Seule « anomalie » : les crédits revolving, mis à l'index par les pouvoirs publics comme facteur aggravant du surendettement. Alors que la crise aurait dû pousser les ménages à tirer sur ces lignes de trésorerie, leur emploi a reculé de plus de 8 % en novembre et demeure étale sur l'année. Le récent rapport Athling précisait que, sur 10 millions de crédits renouvelables, 49 % étaient refusés et tous ces prêts faisaient l'objet d'une interrogation du fichier de la Banque de France. Alors qu'un toilettage du dispositif est prévu pour limiter les excès, les banques auront beau jeu, sur la base de 2008, de faire valoir l'usage raisonnable qui en est fait.
Source Les Echos (le 23 décembre)