Qui ne dit mot consent ! Nous ne consentons pas, nous n'avons pas signé l'accord sur la diversité.
Pourquoi ? Simplement parce que cet accord expose des généralités et n'engage pas l'entreprise dans des actions précises .
Ce que nous demandions : la mise en place du CV anonyme, d'une commission de suivi des recruteurs et la mise en place de moyens d'accompagnement dignes et de suivi à l'intégration des travailleurs handicapés.
Pourquoi notre direction des ressources humaines n'accepte pas de répondre à ces revendications, pourquoi la mise en place du CV anonyme pose problème à notre direction, voila les questions que nous nous posons !
Celui qui sait qu'il ne sait pas, éduque le. Celui qui sait qu'il sait, écoute le. Celui qui ne sait pas qu'il sait, éveille le. (proverbe chinois)
Une poignée d'abeille vaut mieux qu'un sac de mouches ! (proverbe arabe) A méditer ...
L'acceptation,l'intégration et l'accompagnement des personnes handicapées, des populations quelle que soit leur origine et ou appartenance, la mise en oeuvre de moyens permettant de veiller au respect de la hiérarchie de ces engagements sont les fondements de notre engagement et de nos actions au quotidien..
Par son approche globale de la personne handicapée et l'ambition affichée de compenser son handicap tout au long de sa vie, la loi du 11 février 2005 pour l'Egalité des Droits et des Chances, la Participation et la citoyenneté des personnes handicapées contraint l'ensemble de la société à porter un nouveau regard sur le handicap. Centrée sur la personne handicapée et la création d'une maison départementale, la loi révolutionne les données en matière de scolarité, d'études supérieures, d'accessibilité mais également d'emploi sur la personne handicapée.
Elle conduit ainsi l'entreprise à s'adapter dans sa politique d'embauche au salarié handicapé, engagement qui passe par un dialogue social constructif avec les Organisations Syndicales."
Le SNB CFE-CGC entend continuer à prendre toute sa part pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées en favorisant l’insertion ou le maintien à l’emploi de la personne handicapée et notamment celle de l’encadrement handicapé, les « oubliés du handicap » !
L'accord de diversité proposé par la direction ne propose pas de plans d'actions concrets, ( montant des moyens engagés, quelles actions de formation produites auprès des recruteurs de l'entreprise, quel contenu de formation,quelle durée ? )...
Quels moyens d'accompagnement propose t-on aux personnes handicapées dans l'entreprise au quotidien ? Nous demandons la mise en place d'interlocuteurs dédiés, formés afin d'améliorer le quotidien de nos collègues handicapés et de mieux prendre en compte leurs contraintes .
Pourquoi n'accompagne t-on pas un salarié handicapé sur l'adaptation de son poste de travail lors d'une mobilité ? Nous demandons la mise en place systématique de l'étude du poste de travail par un ergonome en collaboration avec l'AGEFIPH dans ce contexte.
Nous produisons des constats :
- Pourquoi n'avons nous pas la présence plus importante de personnes de couleur dans l'entreprise ?
- Pourquoi les personnes d'origine étrangère ne sont pas mieux représentés dans la structure de qualification de l'entreprise ?
Ce que nous demandions le qui, quand, comment, combien ?
Nous sommes déterminés à faire évoluer les mentalités dans l'entreprises et pour les salariés touchés par les discriminations permettant ainsi concrètement une meilleure insertion dans l’emploi et une meilleure reconnaissance des personnes concernées.
La Diversité ne peut et ne doit pas se limiter à un « catalogue de bonnes intentions ». Le SNB CFE-CGC COFIDIS ne se laissera pas berner par des phénomènes de mode mais préfère adhérer à une volonté suivie d’Actes
Voici des exemples d'actions concrétes que nous pourrions mettre en oeuvre dans l'entreprise :
Ancrer la diversité dans le dialogue social : NAO et bilan social
Ancrer la démarche "diversité" dans les pratiques de l'entreprise, impose d'en faire un réel enjeu du dialogue social.
Pour ce faire, les politiques et les actions diversité pourraient être débattues avec les partenaires sociaux, lors des séances de négociations annuelles obligatoires.
Ainsi, chaque année, les partenaires sociaux examineraient les actions entreprises et les résultats obtenus à l'égard
notamment :
• du recrutement,
• de la formation / sensibilisation
• de l'évolution professionnelle et salariale
• des pratiques managériales et de l'organisation du travail.
Ils discuteraient également des objectifs et des programmes à instaurer pour l'année à venir. En parallèle, le bilan social intégrerait un chapitre consacré à ces thèmes ; ce qui consacrerait la place de la démarche au sein des instances sociales. Enfin, la commission "égalité professionnelle" du comité d'entreprise verrait son rôle élargi aux aspects diversité.
Le contenu de ces rubriques serait évidemment déterminé par les modes de mesures (ou de non mesure !) de la diversité.
10 pistes d'action
Parmi les mesures favorisant la diversité en entreprise.
• Sensibiliser l'ensemble du personnel aux avantages de la diversité
(équipes plus innovantes, réactives et complémentaires, remise en cause des situations de routine, réponse au "papy boom")
par des sessions de formation alternant exposés, échanges, intervenants extérieurs, études de cas.
Cette sensibilisation est un préalable indispensable, pour préparer le milieu de l'entreprise, traiter les non dits et certains blocages.
• Recruter dans la diversité :
• Proposer les postes à des populations discriminées, par le biais d'organismes experts (FASILD, AFIJ, etc.).
• Eliminer tous contenus ou méthodes discriminants (directs ou indirects) dans les descriptions de postes et dans les modes de sélection.
• Former les recruteurs aux avantages de la diversité,
• Mise en place (ou test) du CV anonyme
• Evaluer le management
(lors des entretiens annuels d'activités) sur ses actions en matière de développement de la diversité (Quoi ? Quand ? Comment ? Avec qui ?)
Il s'agit d'ancrer cet objectif dans la pratique professionnelle et dans les évolutions de carrière.
• Fonder aussi les promotions internes (accès aux postes d'encadrement) sur l'aptitude du candidat à développer l'égalité professionnelle et la diversité et à prévenir et résoudre les discriminations : épreuve de management éthique dans les examens d'évolution professionnelle où le candidat doit résoudre des situations à caractère sexiste, raciste ou discriminatoire.
• Mesurer l'équité en matière de recrutement, de rémunération, de formation, d'évolution par divers indicateurs et tableaux de bord
Par sexe, ces outils sont faciles à réaliser.
Cependant pour mesurer l'équité relative aux minorités visibles, cela suppose de mettre au point une "photographie statistique de l'entreprise .
Anonyme et fondée sur le volontariat, cette photographie risque d'être incomplète. Aussi, importe-t-il de se rapprocher de la CNIL pour tenter de la préciser, dans le respect des individus.
• Fixer des objectifs de progression dans ces mêmes domaines, après avoir mesuré les situations de départs et intégrer un "audit diversité" dans le bilan social annuel.
• Communiquer sur ce thème, en interne , (Intranet, Journal d'Entreprise) et mesurer le ressenti des personnels au sein des baromètres périodiques de motivation.
• Traiter régulièrement le développement de l'égalité F/H et de la diversité au sein des instances de direction
• Engager des partenariats avec l'éducation nationale (accueil de stagiaires des quartiers sensibles, soutien à la diversification de filières encore trop "clônées".).
• Briser le plafond de verre, (accès aux postes de direction)
non seulement en faveur des femmes, mais également en faveur des minorités visibles. notamment par des actions du tutorat ou de coaching.
Veiller à la mixité et à la diversité dans les groupes projets qui pilotent les démarches transversales de l'entreprise.
Eléments de réflexion
• Pourquoi mesurer ?
Plus que les autres domaines, les politiques & processus de Ressources Humaines doivent prouver leurs pertinences et résultats.
En effet, la complexité, l'importance et l'immatérialité des enjeux humains exigent rigueur, clarté et perspectives . et donc repères et mesures !
Les politiques "diversités" figurent au cour de cet impératif pour 3 motifs principaux :
• elles constituent le cour de la fonction "Ressources Humaines", garante de l'éthique et de l'équité dans l'entreprise ;
• contrairement à plusieurs autres processus RH (paie, formation, .), elles ne peuvent être complètement externalisées, puisqu'elles ne peuvent aboutir que grâce à l'impulsion et à l'animation quotidienne de tous les acteurs internes de l'entreprise : direction générale, management, partenaires sociaux, équipes de travail,
• enfin, les politiques "diversités" interpellent véritablement les ressentis, les histoires individuelles et les trajectoires personnelles de chacune et chacun. A ce titre, elles ne peuvent se satisfaire d'approximations, de croyances générales et d'idées reçues. Elles requièrent un dialogue permanent pour dissiper les inévitables malentendus.
• Pour mesurer quels arguments avancer ? (auprès des salariés)
Les personnels de l'entreprise s'affirment sensibles à plusieurs types d'arguments :
• Des équipes diversifiées, unissant des membres différents du point de vue du sexe, de la formation et du vécu initial, de l'origine raciale ou sociale, de l'âge, des orientations sexuelles et du mode de vie, des aptitudes physiques, intellectuelles et émotionnelles, se révèlent toujours plus efficaces, réactives et innovantes, que des équipes de clônes. Notamment en période de crise et/ou de changement où il importe de sortir des sentiers battus pour se préserver et se développer.
• Une entreprise ouverte à la diversité et à l'éthique respectera beaucoup plus tous ses personnels et les intérêts de ses salariés dans les moments difficiles, comme dans les moments de sérénité et de développement ! Elle veillera donc à garantir un meilleur climat de travail et une plus grande qualité de vie professionnelle, dont tous les salariés seront directement bénéficiaires !
• Evidemment, dans le cadre du prochain défi démographique, l'appel à toutes les compétences s'avère indispensables, d'un seul point de vue économique.
• Des mesures internes (recrutement, formation, évolution professionnelle et gestion des carrières, équité des rémunérations), prises pour favoriser la diversité, profitent, au final, à tous, de par l'effort de transparence, d'équité et d'ouverture qu'elles imposent.
• La cohésion sociale (à laquelle tous les citoyens ont logiquement intérêt !) implique de favoriser l'inclusion, notamment dans le monde du travail.
• A un moment ou à un autre, nous (ou l'un de nos proches) avons tous appartenu (ou appartenons ou appartiendrons) à une minorité (visible ou non !).
• Comment procéder ?
Une fois la nécessité de mesurer la diversité admise, il importe de préparer le personnel et d'adapter les divers process RH.
La sensibilisation préalable
Pour préparer les équipes de travail et éviter tout malentendu à propos des processus de mesure de la diversité (questionnaires, tableaux spécifiques ajoutés au bilan social, etc.), il se révèle indispensable de dialoguer avec les personnels. A ce sujet, le rappel des objectifs, la présentation des documents seront exposés à l'ensemble des femmes et des hommes de l'entreprise.
Idéalement, ces sessions pourraient être coanimées par la DRH , éventuellement appuyée par des experts extérieurs reconnus, ainsi que par la hiérarchie de proximité, qui au quotidien doit démontrer son implication.
Par ailleurs, une participation active, voire une coanimation impliquant les partenaires sociaux augmenterait considérablement l'impact des sensibilisations.
Un travail commun, unissant représentants du personnel et direction, pour atteindre des objectifs d'éthique et d'équité s'avère d'autant plus opportun qu'en ce domaine, les clivages traversent plus souvent ces entités qu'ils ne les opposent de façon binaire.
Enfin, il semble prudent de constituer des groupes peu nombreux (20 à 30 personnes) afin de permettre, en 2 ou 3 heures, un réel échange sur des thèmes.
Outre ces sessions de sensibilisation destinées au personnel, il s'avère indispensable de présenter et discuter l'outil de mesure avec :
• les comités internes d'éthique et de diversité de l'entreprise (s'ils existent)
• les organes de représentation du personnel : CE, Délégués du Personnel,, CHSCT.).
Il serait idéal que la mesure de la diversité (outils & processus) fasse l'objet d'un accord signé par les partenaires sociaux ; ce qui faciliterait sa légitimité et sécuriserait sa gestion, d'un point de vue juridique et social.
Enfin, une formation à la présentation de l'outil (quel qu'il soit) paraît indispensable.
En conclusion, est-il utile de préciser que l'outil de mesure et son processus de gestion doivent être adaptés aux entreprises et donc négociés en interne avec le management et les partenaires sociaux ?
Du degré de concertation qui aura présidé à son élaboration dépend son efficacité.